L’histoire du manuscrit de Heinrich GROSS
Espace muséographiques 5 à 17 et milieu souterrain

En 1529, le receveur des mines Georges d’Ainvaux verse 2 florins ( 1/10e de son salaire) à Heinrich Gross pour avoir fait et dressé sur la place ou se tient le marché des mineurs un panonceau avec les armes du Duc de Lorraine..
Ce panonceau, peint par l’artiste est celui que prévoit la réglementation édictée par le duc René II le 2 Juin 1508 pour les armes de Sainte Marie aux Mines.
Quelques années plus tard, le même receveur commande à Heinrich Gross l’habillage des barrières du poêle de la maison de la justice « ausdictes mynes »…
Receveur des mines de la Croix depuis des années, Georges d’Ainvaux demeurait dans sa grande maison construite peu avant la porte de la Rochotte ( actuelle rue Saint Charles).
Pour la visite du duc Antoine de Lorraine, les officiers avaient fait repeindre le panonceau armorié du marché.
Il est vraisemblable qu’à cette occasion, le receveur ait commandé à Heinrich Gross, dont le talent avait été apprécié, une série de dessins retraçant l’activité des mineurs pour en faire un présent à son souverrain.
Nous ignorons dans quelles mains est passé ce recueil depuis sa réalisation et ne retrouvons sa trace qu’en 1869.
En effet, à cette date, il est mentionné dans le catalogue des ventes de Mr le Baron Pichon, catalogue rédigé par le libraire Potier :
«Recueil de 35 dessins, représentant les travaux dans les mines d’argent de Saint-Nicolas, la vie des mineurs et tout ce qui se rattache à leur profession…
Recueil très curieux, les dessins sont habilement exécutés à la plume et teintés.
Sur chaque planche se trouve l’explication en Français, en caractère gothique… »
Depuis lors, le recueil est conservé à l’école des beaux arts de Paris et comporte 25 feuillets, dessinés recto-verso à l’exception du premier.
Chaque dessin est réhaussé à l’aquarelle bleue, violette, jaune et orange pour les visages.
Le support est en papier épais.
Les pages mesurent en moyenne 31, 7cm de hauteur et 41,5cm de largeur.
Ce n’est que lors de l’exposition de Tourcoing en 1962 que l’on se rendit compte de toute l’importance de ce manuscrit et faire le rapprochement avec des scènes minières représentées avec les mines locales.
André Girodié, collaborateur auprès de la revue « Lorraine illustrée », publia 8 de ces dessins puis réalisa une publication complète de l’œuvre de Heinrich Gross.
Tirée à 155 exemplaires numérotées, cette publication est aujourd’hui introuvable, il en subsiste moins d’une dizaine dans les bibliothèques publiques.